Le GAGL45 a été invité à participer, dimanche 19 juin 2016, au « pélerinage » – nous aurions dit, nous, « randonnée » – organisé par « Réflexion et partage » un groupe de catholiques homosexuels ou parents d’homosexuels. Cette journée – marche, piquenique, débat, messe – s’est déroulée à Saint-Cyr-en-Val, au sud d’Orléans et a regroupé une trentaine de personnes, dont un prêtre, un séminariste, et l’évêque d’Orléans, Jacques Blaquart.

Lors des débats, toutes les questions ont été mises à plat, y compris la place des couples homosexuels dans l’église, des familles, et de l’homosexualité dans le clergé.

Lors de la messe paroissiale, dont l’horaire avait été changé pour coïncider avec le déroulement de la journée, l’évêque a dit avec force, à plusieurs reprises, qu’une église qui exclut les personnes homosexuelles n’est pas universelle, pas catholique. Et que, puisque le thème de la journée était « Homosexualité et église, un chemin de miséricorde », la question de la miséricorde se posait évidemment à l’église : qu’a-t-elle fait de ses enfants homosexuels? A deux reprises également, pendant les prières, les croyants présents et l’évêque ont appelé à prier pour les victimes de l’attaque homophobe d’Orlando.

Quatre personnes du GAGL45 ont participé à la journée, après que le Conseil d’administration de l’association a décidé unanimement de s’en faire l’écho. Des croyants, et des non-croyants intéressés par la démarche.

J’ai eu, au nom de l’association, à prendre plusieurs fois la parole. C’est assez inhabituel, pour ne pas dire inédit, qu’un responsable d’une association LGBT (lesbienne, gay, bi et trans) soit appelé à prendre la parole lors d’une rencontre religieuse catholique. C’est assez inhabituel, j’ai donc pris cela comme un appel au témoignage, comme une ouverture à la sincérité. J’ai donc été sincère. Vraiment. Voici les principaux propos que j’ai tenu à ces croyants et à ces responsables religieux.

Si nous étions là dimanche, c’est qu’il y a un problème, un gros problème. Nous pouvons témoigner que dans notre association, lors de nos permanences, trop, beaucoup trop de personnes viennent se plaindre de l’écartèlement qu’elles vivent entre leur homosexualité, réelle, et leur foi, sincère. C’est pourquoi, depuis 3 ans, nous avons proposé à nos adhérents, à celles et à ceux qui nous font confiance, de participer à des soirées-débat sur le thème « Croyant et homo, est-ce possible ? » Pour certains, en effet, la question est là : ai-je un choix à faire entre ma foi et ma sexualité.

Nous avons eu, lors de ces soirées-débat, beaucoup de témoignages émouvants, poignants, qui, pour beaucoup décrivaient ce déchirement. Ces témoignages émanaient de catholiques, mais aussi de protestants, de musulmans sunnites et de musulmans chiites. C’est dire s’il y a un problème entre le fait religieux et l’homosexualité !

Suite à ces témoignages, nous avons décidé de rencontrer les responsables religieux d’Orléans. C’est compliqué. Mais nous avons rencontré, et je l’en remercie, Jacques Blaquart, évêque catholique d’Orléans, qui m’a reçu en janvier pendant une heure et demie dans son bureau. Nous avons échangé, franchement, sincèrement, comme, je crois, deux hommes de bonne volonté. C’est ainsi que j’ai appris l’existence de la journée du 19 juin et je remercie Monique de Belmont et Sandra Champié de s’être fait le relais de cette information.

Nous avons décidé de nous faire l’écho, nous, association LGBT, de l’organisation de cette journée, car nous y avons vu une main tendue. Je ne dois pas vous cacher que, si nous avons reçu beaucoup de témoignages positifs, nous avons aussi reçu des réactions très négatives, voire violentes : il est inacceptable pour certains homos, d’anciens catholiques sans doute, qu’une association comme la nôtre se commette avec une église perçue comme homophobe. Les mots sont durs. J’avais promis de la sincérité.

Car le fossé est encore considérable entre ce qui est perçu de l’église et ce qui est vécu par les personnes homosexuelles. Les jeunes homosexuels qui vivent dans un milieu qui leur paraît fermé à leurs réalités sont 7 fois plus victimes de tentatives de suicide. Dans un département comme le nôtre, cela fait une tentative de suicide par semaine en moyenne. Entre 5000 et 7000 dans le pays chaque année. Il faut entendre cela : pour certains, l’homosexualité et la religion, c’est la mort.

Le fossé est encore considérable entre les discours parfois ouverts de certains responsables religieux et ceux totalement excluant, rejetant, stigmatisants d’autres de leurs collègues.

Le fossé est toujours considérable entre les paroisses et les croyants qui ont peur, souvent, de dire leur homosexualité, de peur d’être tout simplement rejetés.

Le fossé reste considérable pour celles et ceux, homosexuels, qui vivent en couple, et qui voient leur amour être accepté par une grande partie de la société mais qui ont le sentiment que cet amour n’est pas accepté à sa juste valeur par ceux avec qui, chaque semaine, ils prient.

Le fossé est considérable. Mais sur un fossé, même considérable, il est parfois possible de construire un pont.

Pour permettre aux femmes et aux hommes de bonne volonté, de chaque côté, de se rencontrer.

C’est, je crois, ce que « Réflexion et partage » a voulu faire, ce que nous avons voulu faire.

Et c’est pour cela, que nous avons participé à cette journée. Sans regrets, au contraire.

          Christophe Desportes-Guilloux

          Référent “ prévention de l’homophobie ”

          GAGL45

 




			
				 

Un commentaire à “Homosexualité et église : pourquoi nous avons participé”

  1. garnon-sigure dit :

    Effectivement c’est un bon début!
    J ‘encourage cette démarche dans le but d’une plus grande tolérance car les propos de certains croyants sont loin d être tolérants et miséricordes.Je pardonne car l’ ignorance fait parfois beaucoup de mal…elle tue des personnes LGBT qui ont le plus souvent besoin qu’ on les comprennent et qu’ on les aiment pour ce qu ils sont.

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