Archive du mois octobre, 2010

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Jacques Demy : Pourquoi les homosexuels aiment-ils autant ce cinéma ?

Rédigé par Pascal, Commission Culture le 25 - octobre - 2010 1 COMMENTAIRE

Hommage à Jacques Demy : le cinéma enchanté de Jacques Demy, passeport d’une certaine mythologie homosexuelle masculine?

Jean Marais - Peau d'âne - Jacques DEMY, 1970

«Un coup de foudre et un paratonnerre pour la vie entière», telles furent les émotions que délivra Camille Taboulay à la découverte du cinéma de Jacques Demy lorsqu’elle avait treize ans.

20 ans après sa disparition (27 octobre 1990), son cinéma « enchanté » continue d’éblouir au-delà des générations marquées par les adieux déchirants sur le quai de la gare de Cherbourg de Geneviève et de Guy (« Mon amour je t’attendrai toute ma vie »), par la chanson de Maxence (« Et que l’amour dicte sa loi ») ou bien par les incantations de la princesse de Peau d’âne (« Mais qu’allons nous faire de tout cet amour/le montrer ou bien le taire »).

Agnès Varda dans les plages d’Agnès (2008) libère son chagrin à l’évocation de la disparition de son mari Jacques Demy : « Jacques se mourait. Il savait que le sida était insoignable… ». Cette officialisation pudique mais publique de son homosexualité rapproche encore davantage le « demy-monde » de l’univers gay, accrédite la popularité que nourrit cette œuvre au sein de la culture gay. Le cinéma de Jacques Demy ouvre un espace de prospection excitant dans lequel on peut matérialiser ses « racines du rêve » mais aussi sans doute sa « sensibilité ou ses pulsions homosexuelles ». Au-delà de la présence de Jean Marais, de l’évocation poétique de Cocteau comme « une forme de futur » dans Peau d’âne, de boîtes à matelots dans Lola ou les parapluies de Cherbourg…, Camille Taboulay précise que « Jacques Demy choisit souvent pour les rôles masculins des acteurs à la beauté lisse, empreinte de mélancolie… » (Nino Castelnuovo, Jacques Perrin…) Le cinéma de Jacques Demy s’il connut dans les années 1960 un certain succès, alimenta aussi « un glissement pervers qui allait dégénérer en préjugé assassin , réduisant son étrangeté profonde à une séduisante mièvrerie. »

Pourquoi les homosexuels aiment-ils autant ce cinéma et adhèrent-ils à un monde prônant les rêves comme levier de sa condition mais n‘évitant pas la cruauté?

Est-ce parce que Les parapluies de Cherbourg inventent le mélo-picto-drame ? Le recours à des couleurs violentes , le rose « qui excite », le bleu « qui met de bonne humeur » traduit-il seulement un parti pris fantaisiste, léger (censé être l’apanage des gays !) ou bien puise t’il aux fondements de l’esthétique (Baudelaire, Les curiosités esthétiques, De la Couleur) ?

Jacques Demy cherche les moyens de faire surgir la beauté en se servant des acteurs mais également en les plaçant dans un rapport inédit de la pratique artistique. Le cinéma de Jacques Demy ne convoque pas la peinture comme un élément décoratif mais comme une matière connue (Raphaël, Vermeer, Matisse…) aimée et qui lui permet de « défier » le cinéma. Ainsi quand le souverain dans Peau d‘âne, Jean Marais, se confond en éloges devant le portrait de la princesse, Jacques Demy crée un mouvement de caméra, du tableau vers la princesse (Catherine Deneuve) qui délivre une véritable acuité poétique, celle de concevoir la création cinématographique non seulement comme une mise en rapport avec les fondements de la représentation plastique mais aussi de proposer une perception du monde dépendante de valeurs esthétiques, creuset du monde occidental. Il établit une étroite corrélation entre la peinture (art ancien , majeur) et le cinéma (art nouveau, devant assurer sa pérennité) et livre un véritable palimpseste.

Etre là et rêver d’un ailleurs, craindre les vertiges de l’évasion ou fuir précipitamment , composent les deux segments contradictoires du « demy-monde » et retrouvent au-delà d’une évidente quête universelle, celle des homosexuels qui peut-être plus que d’autres, rêvent d’un autre monde.

Cette soirée du vendredi 26 novembre , à partir de 18 heures 30, est dédiée aux « allumés » du cinéma de Jacques Demy , à tous ceux qui comme Maxence dans les Demoiselles de Rochefort souhaitent que « l’amour dicte sa loi».

vendredi 26 novembre 2010
au 28 bis à partir de 18h30

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COMMUNIQUE DE PRESSE DU GAGL45 du 24 octobre 2010 à propos de l’audience en appel dans l’affaire de l’agression d’un homosexuel en août 2007

La nuit du 4 au 5 août 2007, Etienne* s’est fait rouer de coups sur un lieu de rencontres gay par une dizaine de jeunes hommes. Grâce à la présence d’esprit d’un témoin qui a relevé les numéros de plaque de la voiture des agresseurs, ceux-ci ont été retrouvés. Trois ont été inculpés dont un mineur au moment des faits. Aucune insulte n’a été proférée sur les lieux.
Une première audience, devant le Tribunal pour enfants, a eu lieu le 11 avril 2009. Le mineur au moment des faits a été reconnu coupable d’agression en réunion à caractère homophobe et condamné à 4 mois de prison avec sursis et 2 ans de mise à l’épreuve. Il n’a pas fait appel de ce jugement.
Une deuxième audience a eu lieu le mardi 3 novembre 2009 qui devait déterminer la responsabilité et le rôle des deux autres agresseurs impliqués. Lors de cette audience, les agresseurs ont reconnu les faits de violence en réunion et ont adopté une ligne de défense qui nie le caractère homophobe de leurs actes. Les agresseurs ont été reconnus coupable d’agression en réunion, le caractère homophobe n’a pas été retenu par le juge. Le Parquet a fait appel de ce jugement dès le lendemain.
Le mardi 2 novembre 2010, aura lieu l’audience en appel qui devra statuer sur la circonstance  aggravante d’homophobie.
Depuis le début, le Groupe Action Gay et Lesbien Loiret a soutenu Étienne dans le combat pour la reconnaissance de cette circonstance aggravante qui a été retenue en mai 2009 lors de l’audience jugeant le mineur devant le Tribunal pour enfants. Ces deux jugements sont contradictoires pour les mêmes faits.
C’est tout l’objet de ce procès en appel qui est de démontrer qu’une bande de jeunes hommes qui s’organise pour aller agresser des homosexuels, sur un lieu connu par eux comme étant un lieu de rencontres homosexuelles sont, de fait, dans une agression à caractère homophobe. La défense des jeunes agresseurs en première audience s’était appuyée sur le fait qu’aucune insulte n’avait été proférée.
Etienne et le GAGL45 craignent que la décision du caractère homophobe de cette agression ne soit pas retenue. En effet, ce pourrait être un message préjudiciable à la lutte contre l’homophobie. Il suffit de ne rien dire et on peut taper sur des homosexuels en risquant un minimum de condamnation. Nous pensons que le fait de ne pas dire d’insultes ne peut en aucun cas les disculper de la circonstance aggravante.
Cette question dépasse le simple soutien communautaire, c’est l’ensemble de la société qui doit être interpellée par ces agressions et leurs jugements.
Depuis maintenant plus de trois ans, la victime vit avec ce souvenir. C’est un traumatisme important qui fait toujours l’objet de suivi médical.
Dernière minute du 3 novembre: l’audience n’a pu avoir lieu par défaut de convocation de l’ensemble des agresseurs, elle est donc renvoyée au 4 janvier 2011. A suivre …
* le prénom a été changé
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Le film « Kaboom » à Orléans

Rédigé par Christel le 23 - octobre - 2010 AJOUTER VOTRE COMMENTAIRE

Si vous avez envie d’un o.v.n.i cinématographique, allez voir Kaboom, le dernier film de Gregg Araki, qui a reçu cette année, la Queer Palm à Cannes
Synopsis : Smith mène une vie tranquille sur le campus – il traîne avec sa meilleure amie, l’insolente Stella, couche avec la belle London, tout en désirant Thor, son sublime colocataire, un surfeur un peu simplet – jusqu’à une nuit terrifiante où tout va basculer. Sous l’effet de space cookies ingérés à une fête, Smith est persuadé d’avoir assisté à l’horrible meurtre de la Fille Rousse énigmatique qui hante ses rêves. En cherchant la vérité, il s’enfonce dans un mystère de plus en plus profond qui changera non seulement sa vie à jamais, mais aussi le sort de l’humanité.
Au cinéma Pathé : 2 rue Halles, Orléans

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Depuis la fin des années 1990 (aux États-Unis d’abord, puis dans d’autres pays dont la France), les enquêtes les plus probantes ont mis en évidence un risque suicidaire plus élevé parmi les jeunes sexuelles – gays, lesbiennes, bisexuel(le)s, transgenres – et ceux qui se questionnent sur leur identité sexuelle ou de genre.

L’homophobie est aujourd’hui le facteur de risque le mieux identifié pour comprendre cette sursuicidalité. Les phénomènes d’exclusion, de mépris et de stigmatisation peuvent en effet provoquer une perte d’estime de soi, une perte de confiance dans l’avenir et les autres. Le soupçon d’appartenance à une minorité sexuelle ou de non-conformité de genre – qui peut toucher tout jeune, indépendamment de son orientation sexuelle effective – conduit également souvent la personne qui le subit à une grande détresse qui favorise les symptômes suicidaires.

Quelle que soit la stratégie mise en oeuvre par le jeune pour éviter ou résister à une discrimination, le coût psychique et physique est souvent élevé. D’autant que par rapport à d’autres types de discriminations, les discriminations homophobes ou liées à une non-conformité aux stéréotypes de genre se caractérisent par un faible soutien de la famille, une faible intervention des adultes et des préjudices particulièrement précoces.

Il existe en France des initiatives de prévention de ces discriminations et du risque suicidaire qui gagneraient à être mieux connues et parfois généralisées. Autre piste de travail : la sensibilisation des professionnels en contact avec les jeunes, qu’ils viennent des champs éducatif, sanitaire, social, judiciaire… Enfin, pour continuer à améliorer nos connaissances, il semble essentiel d’intégrer plus nettement, en amont de la conception des enquêtes, ces phénomènes spécifiques que sont l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie et le sexisme.

A consulter au Centre de documentation du 28 Bis.

Les minorités sexuelles face au risque suicidaire – Acquis des sciences sociales et perspectives
Collection « La Santé en action »

François BECK
Jean-Marie FIRDION
Stéphane LEGLEYE
Marie-Ange SCHILTZ

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